Finances publiques

Mardi 22 décembre 2009 2 22 /12 /2009 08:30

La fiscalité locale s'élève environ à 100 milliards d'euros, soit près de 60 % des recettes hors emprunts des collectivités territoriales ou environ 5 % du produit intérieur brut. La fiscalité directe (taxe foncière sur les propriétés bâties et non bâties, taxe d'habitation, taxe professionnelle, taxe d'enlèvement des ordures ménagères, versement transport) fournit près des trois-quarts des produits fiscaux locaux. Le dernier quart provient de taxes indirectes en majorité transférée du budget de l'État (droits de mutation, quote-part de taxe intérieure sur les produits pétroliers).

 

Depuis la décentralisation, la fiscalité locale croît en moyenne de 3,8 % par an hors inflation. La variation, à la hausse ou à la baisse, des taux d'imposition votés par les collectivités expliquent 42 % de la croissance du produit fiscal direct.

 

L'acte I de la décentralisation en 1982 n'a pas, au début, étendu le périmètre financier local, ni du côté des ressources, ni du côté des charges (de l'ordre de 2,1 milliard d'euros). En revanche, les nouvelles compétences ont favorisé une progression soutenue des dépenses comme les constructions scolaires du second degré par exemple.

 

En revanche, l'acte deux de la décentralisation en 2004 a alourdi la fiscalité locale. En 2010, les dépenses transférées et devrait représenter 3 milliards d'euros pour les régions et 8,7 milliards d'euros pour les départements, soit au total 11,7 milliards d'euros. Le financement des compétences transférées repose pour l'essentiel sur le partage de deux impôts nationaux : la taxe intérieure sur les produits pétroliers et la taxe spéciale sur les conventions d'assurance. L'année du transfert, la compensation est intégrale. Le problème est que les années suivantes, le parallélisme d'évolution des dépenses et recettes transférées n'est plus nécessairement assuré.

 

Depuis le début des années 80, les impôts locaux ont donc augmenté de façon considérable. Cette progression est imputable en partie à la décentralisation, mais provient majoritairement de la hausse des dépenses liées à l'exercice des compétences traditionnelles des collectivités territoriales.

Par MoDem Savoie - Publié dans : Finances publiques
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Dimanche 6 décembre 2009 7 06 /12 /2009 18:43

Lors du débat sur la dette organisé au Sénat dans le cadre du PLF pour 2010, Jean-Jacques Jégou, vice-président de la Commission des finances du Sénat, a estimé que "ce n'est donc pas en poursuivant la facilité de l'endettement que nous renforcerons notre croissance économique, notre niveau de vie et notre cohésion sociale. C'est au contraire en abandonnant les comportements de ces vingt-cinq dernières années que nous pourrons relever les défis du futur et préserver le modèle de société dynamique, fraternel et généreux auquel aspirent les Français. »

"Madame la présidente, monsieur le ministre, mes chers collègues, récemment, un grand hebdomadaire titrait ainsi l'un de ses articles : « La dette, nouvel opium du peuple » ! Personnellement, je trouve qu'il serait plus juste de parler de « nouvel opium des élites », le peuple subissant beaucoup plus, sur ce sujet, l'irresponsabilité des gouvernements successifs depuis vingt-cinq ans !

Les Français ont d'ailleurs pris conscience ces dernières années, avec les travaux de la commission Pébereau et l'élection présidentielle, des dangers des dérapages chroniques de nos finances publiques et du niveau abyssal de nos dettes. Ils savent bien qu'un jour, il faudra payer la facture, et donc qu'il faudra payer plus d'impôts.

Au-delà du bon mot, il faut reconnaître que la France s'est accoutumée depuis 1980, date du dernier budget en équilibre, à la drogue des déficits et de la dette publique, qui a été multipliée par cinq depuis cette même année.

Alors que la dette atteignait alors 20 % du PIB, tout le monde craint qu'elle ne dépasse les 100 % en 2012 ! D'ailleurs, notre pays se distingue nettement de ses partenaires européens en étant le pays d'Europe dont le ratio de dette publique s'est le plus accru ces dix dernières années. Et, avec le grand emprunt, qui va ajouter de la dette à la dette, le Gouvernement, comme nombre de ses prédécesseurs, cède à son penchant dépensier. La France aime vivre à crédit !

En outre, et c'est le plus malheureux, l'augmentation de la dette résulte, comme l'a montré la commission Pébereau, du fait que, depuis 1975, nos administrations publiques sont en déficit. Cette dette n'a même pas servi à financer un effort structuré en faveur des dépenses les plus utiles à la croissance et à la préparation de l'avenir : elle ne sert à financer que les dépenses courantes de l'État. Elle est considérée comme une ressource publique à part entière ! Autant dire que le recours à l'endettement a été le choix de la facilité.

Mais le pire est à venir : le niveau des déficits publics va entraîner l'explosion de la dette. Avec un déficit budgétaire qui atteindra 8,5 % du PIB en 2010, la dette est passée de 63,8 % de ce même agrégat en 2007 à 68,1 % en 2008, va s'établir à 77,1 % cette année et à 84 % l'année prochaine. Alors qu'en 2005 la commission sur la dette publique tirait le signal d'alarme à propos du niveau très préoccupant de la dette publique, depuis trente ans, jamais nous n'aurons connu une progression aussi rapide de cette dernière que ces trois dernières années : de plus de 20 points ! L'évolution est vertigineuse.

Comme l'avait dit le Premier président de la Cour des comptes au mois de juillet dernier, à ce niveau de déficit, la dette publique devient incontrôlable. À ce stade, pour citer un proverbe auvergnat, si je ne m'abuse, « les dettes, c'est souvent le commencement de la ruine ».

Depuis 1980, la dette a explosé à trois reprises, au cours de périodes marquées par des crises économiques et par la récession, à savoir les années 1980-1983, 1991-1993 et actuellement. Soit ! Mais, contrairement à ce qui se passe dans d'autres pays, quand la dette explose en France, parallèlement, en raison d'une sorte d'effet de cliquet anti-retour, lorsque des marges de manœuvre apparaissent de nouveau, nous ne les utilisons pas au désendettement. Peut-être aussi est-ce parce que nous sommes incapables de créer des richesses nouvelles…

Malheureusement, dans notre pays, la diminution de la dette publique n'a pratiquement jamais été un objectif prioritaire des gouvernements. Les périodes de croissance ou de taux d'intérêt bas n'ont pas été mises à profit pour la réduire.

Dans ces conditions, nous devons craindre que l'alourdissement rapide de la dette publique ne place notre pays dans une situation de très grande vulnérabilité. Combien de Français savent que les frais financiers, les intérêts de la dette, représentent 43 milliards d'euros en 2009, autant de sommes qui ne peuvent être affectés à des investissements ou à des politiques publiques ? Or 43 milliards d'euros, c'est plus que le futur grand emprunt ! Du moins si le Président de la République s'en tient à la somme raisonnable proposée par MM. Rocard et Juppé, et rien n'est moins sûr !

Certes, aujourd'hui, le financement de la dette publique reste très attractif dans le monde puisqu'une épargne est disponible pour les dettes souveraines des pays que l'on dit « bien gérés ». Pour le moment, nous bénéficions de taux à court terme extrêmement faibles, donc favorables, comme cela a été rappelé à plusieurs reprises. Cependant, cette capacité de notre pays à financer facilement sa dette sur les marchés ne doit pas avoir pour effet de ne pas regarder la situation en face et de nous conduire à ne pas traiter les déficits et la dette.

Car notre vulnérabilité est liée à une augmentation des taux qui, aux dires des économistes, ne manquera pas de se produire dès que l'économie mondiale redémarrera, et le rapporteur général a été parfaitement clair sur ce point. Les intérêts de la dette augmenteront alors considérablement et pèseront encore plus qu'aujourd'hui sur le budget de l'État, rognant encore davantage les marges de manœuvre du Gouvernement. Le risque d'asphyxie financière serait réel.

Nous le savons, la France, parce qu'elle a de plus en plus recours aux marchés financiers, est sous surveillance. Elle ne peut emprunter plus que l'Allemagne et doit continuer à donner des gages pour conserver la confiance des marchés. Comme le disait Louis-Ferdinand Céline, « on ne meurt pas de dettes, on meurt de ne plus pouvoir en faire. »

Je terminerai mon propos en citant quelques lignes du rapport de la commission Pébereau sur la dette publique de 2005 pour déplorer le temps perdu sur ce sujet. « Ce n'est donc pas en poursuivant la facilité de l'endettement que nous renforcerons notre croissance économique, notre niveau de vie et notre cohésion sociale. C'est au contraire en abandonnant les comportements de ces vingt-cinq dernières années que nous pourrons relever les défis du futur et préserver le modèle de société dynamique, fraternel et généreux auquel aspirent les Français. »

Cette politique, monsieur le ministre, n'est ni de droite ni de gauche. Elle est dans l'intérêt de tous les Français et elle est totalement d'actualité.
"

Par MoDem Savoie - Publié dans : Finances publiques
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Vendredi 27 novembre 2009 5 27 /11 /2009 10:44

Jean-Jacques Jégou, Sénateur du Mouvement Démocrate du Val-de-Marne, est intervenu en séance publique au Sénat, jeudi 19 novembre, lors de la discussion générale du projet de loi de finances pour 2010.

"Monsieur le Président, madame la ministre, monsieur le ministre, mes chers collègues,

« Etat en faillite », crise historique de nos finances publiques, niveau d'endettement sans précédent, situation inquiétante de nos finances publiques, tous ces termes utilisés par d'éminentes personnalités traduisent tous la même idée : notre pays est au bord de l'asphyxie !

Force est de constater que notre pays s’est accoutumé à une culture des déficits qui concerne l’ensemble des finances publiques et sociales. À titre personnel, cela fait plus de 20 ans que je suis parlementaire : jamais je n’ai vu un budget à l’équilibre. Pis jamais l’équilibre, pourtant inscrit dans l’article 34 de la Constitution, n’a été approché. Et nous nous en éloignons même durablement.
La situation budgétaire de notre pays est « extra-ordinaire » au sens premier du terme. Le déficit public s’élève en effet cette année à 141 milliards d’euros. C’est la première fois qu’en temps de paix le déficit de l’Etat atteint la moitié des dépenses du budget général.

C’est aussi la première fois depuis la Seconde guerre mondiale que le déficit de l’ensemble de nos administrations publiques se situera pendant deux années consécutives à plus de 8% du PIB. Le déficit public sera encore l’année prochaine, je le rappelle, de 116 milliards d’euros, soit 8,5% du PIB.

Je souhaiterais d’ailleurs attirer votre attention, mes chers collègues, sur le sens du débat budgétaire que nous avons aujourd’hui : que valent les prévisions du gouvernement alors que nous examinerons dans quelques mois voire quelques semaines un collectif destiné à financer des dépenses d’investissement liées au grand emprunt ? alors qu’elles devraient naturellement figurer dans ce budget. Nous risquons de finir l’année 2010 avec une situation budgétaire aussi dégradée que cette année.

Au point que le retour sous les limites fixées par le Pacte de stabilité européen n’est désormais plus envisagé par le gouvernement avant 2014 – alors que la Commission européenne l’exige dès 2013, et cela malgré des hypothèses de croissance économique retenues particulièrement optimistes, pour ne pas dire irréalistes ! Il est difficile de croire en effet que nous connaîtrons une croissance de 2,5% par an jusqu’en 2014, une augmentation de la masse salariale de 5% par an en valeur, et une baisse de la dépense publique de 1% par an. Personnellement, vu la conjoncture économique mondiale et la politique menée depuis 2007, j’ai un peu de mal à souscrire à cette vision.

Le gouvernement nous explique – Mme Lagarde et M. Woerth l’ont brillamment développé ce matin – ces déficits par la situation exceptionnelle due à la crise. 2009 était un budget de gestion de la crise, comprenant les différentes mesures du plan de relance ; 2010 est un budget de gestion de la sortie de crise, ce qui justifie l’énorme niveau de déficit budgétaire pour l’année prochaine. Cette distinction habile permet de justifier la politique attentiste défendu par le gouvernement en matière de déficits : selon cette analyse, ce n’est pas le moment de réduire les dépenses, de réexaminer les dépenses fiscales ou de revenir sur les avantages fiscaux inefficaces. 2010 sera donc une année charnière, la dernière avant le retour à une certaine rigueur budgétaire nous assure-t-on. En attendant, les déficits se creusent toujours plus et la dette explose.

Je n’évoquerai pas maintenant les conséquences de ce niveau des déficits sur notre dette, puisque je m’exprimerai mardi prochain dans le cadre du débat qui lui est consacré.

Certes, j’entends bien l’argument du gouvernement : la situation extrêmement dégradée de nos comptes publics s’explique pour une grande part par la crise économique qui a réduit fortement les rentrées fiscales. Je ne reprendrai pas les chiffres cités par le ministre ce matin. Bien entendu, je ne suis pas favorable à une politique de rigueur excessive qui « asphyxierait » le moteur de la croissance et de la reprise. C’est la raison pour laquelle j’ai approuvé globalement le plan de relance.

Cependant, la France est un des rares pays européens à ne pas avoir réduit son déficit public pendant le cycle de croissance qui a précédé la récession. Je ne prendrai qu’un exemple pour montrer que nous payons aujourd’hui le prix de notre attitude irresponsable de ces dernières années. En 2005, la France et l’Allemagne avaient un déficit comparable : 3% en France contre 3,4% pour l’Allemagne. Trois ans plus tard, en 2008, à la veille de la récession, l’Allemagne avait ramené son déficit à 0% alors que le nôtre s’élevait encore à 3,4% ! Conséquence, aujourd’hui l’Allemagne a un déficit de 3,7% alors que le nôtre dépasse les 8% !

Cela veut dire également qu’à l’issue de la crise, la France se trouvera en plus mauvaise posture que ses partenaires, qui eux, grâce à une situation de départ plus saine, s’en sortiront plus rapidement. Contrairement à ce que nous dit le gouvernement, laisser perdurer les déficits, loin de maintenir l’activité et relancer l’économie, ralentit le rythme de la croissance et de le sortie de crise.

A ce niveau, le déficit des finances publiques est devenu clairement insoutenable. Il est aujourd’hui évident, et j’espère que tout le monde en a conscience, que la seule reprise économique -  qui sera lente et molle de l’ordre de 1,7 à 1,8% de l’aveu même du gouvernement – ne permettra pas de résorber ce déficit. Il faut donc aller plus loin dans la réduction des dépenses et surtout dans la pérennisation des recettes, voire leur augmentation.

Je ne citerai que quelques chiffres pour illustrer mon propos. Le poids de nos dépenses publiques, dont une grande part est due à l’augmentation des dépenses sociales et des dépenses des collectivités territoriales et qui n’ont cessé de croître, représentera presque 56% de notre richesse nationale en 2010, un record. L’ensemble des dépenses publiques montera à 1100 milliards pour un PIB de 1970 milliards.

De l’autre côté, nous assistons à la chute des prélèvements obligatoires qui est la conséquence pour partie de mesures fiscales contestables. Le taux des prélèvements obligatoires est ainsi passé dans notre pays de 43,9% du PIB en 2006 à 42,8% en 2008, donc avant la crise. Ils sont tombés à 40,7% du PIB en 2009. Sur dix ans, les prélèvements obligatoires ont été réduits de 66 milliards à la suite de mesures pour partie inappropriées et injustifiées.

Ainsi, pour ne prendre qu’un exemple qui me tient particulièrement à cœur, était-il responsable de créer une nouvelle dépense fiscale, la baisse de la TVA dans la restauration, dont la pertinence est très discutable ? Nous le voyons aujourd’hui avec les chiffres de l’Insee. Le gouvernement a d’ailleurs enfreint à cette occasion la règle vertueuse de ne faire aucune dépense fiscale sans prévoir une économie à due concurrence.

On ne peut donc plus continuer à baisser les prélèvements obligatoires dans les prochaines années. La question du moment où les Français devront payer la facture, et donc augmenter les impôts (après 2012 ?) est posée. Nous ne pouvons pas non plus financer les baisses d’impôt par le déficit et par de l’endettement. Je ne fais reprendre ici ce que disait en 2005 la commission Pébereau, dont les préconisations sont malheureusement tombées dans l’oubli !

Ma conviction c’est qu’il faut mettre plus de justice dans le système des prélèvements obligatoires. Notre système fiscal est devenu d’une complexité extrême et, avec la combinaison des niches fiscales et du bouclier fiscal, il produit de profondes injustices. C’est pourquoi, je suis personnellement favorable à une grande réforme fiscale remettant à plat l’ensemble de notre système en réétudiant notamment une à une les 470 niches fiscales.

Pour cela, il nous faudra du courage. Malheureusement, force est de constater que les gouvernements cèdent depuis de trop nombreuses années à la tentation très facile de remettre à demain ce qui doit être fait aujourd’hui.

Georges Clémenceau disait : « il faut savoir ce que l’on veut. Quand on le sait, il faut avoir le courage de le dire. Quand on le dit, il faut avoir le courage de le faire. » Je laisse aux ministres le soin de répondre à ces trois interrogations.

Je vous remercie."

Par MoDem Savoie - Publié dans : Finances publiques
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Au 30/11/09,

le déficit budgétaire est de 141 362 millions €
(+ 6 738 millions € en un mois)

la dette financière est de 1 163 835 millions €
(+ 12 447 millions € en un mois)

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