Législatives 2012

Mercredi 4 novembre 2009 3 04 /11 /2009 11:13
Le Député UMP de Savoie Michel Bouvard est cosignataire d'une tribune dans le Monde pour que le grand emprunt annoncé par Nicolas Sarkozy mobilise entre 50 et 100 milliards d'euros pour financer de l'investissement.

Cette proposition n'est pas raisonnable. La Ministre de l'Économie elle-même, Christine Lagarde a mis en garde contre un grand emprunt "trop gros" qui pourrait encore détériorer les finances publiques françaises.

Les déficits publics sont déjà très importants : ils devraient atteindre l'équivalent de 8,2 % du produit intérieur brut (PIB) en 2009. La dette publique a dépassé les 1 400 milliards d'euros et se montera à 77 % du PIB à la fin de l'année. Le budget 2010 présenté par le gouvernement prévoit déjà - hors grand emprunt - un déficit de l'Etat de 116 milliards d'euros, soit quasiment la moitié des dépenses.

Le recours à un grand emprunt public est extrêmement couteux et les exemples du passé sont loin de plaider en sa faveur. Cependant, nul doute que Nicolas Sarkozy, dans l'effet communication qui est continuellement le sien, privilégiera le recours au public plutôt qu'au marché.

Petit retour sur le passé :

- emprunt de 1946 de la Caisse Nationale de l’énergie pour indemniser les actionnaires des compagnies de gaz et d’électricité qui ont été nationalisées. Cet emprunt a coûté 40 fois sa valeur d’émission !

- emprunts de 1952 puis 1958, les fameux emprunts Pinay exonérés d’impôts, indexés sur le Napoléon : 1190 fois la valeur d’émission.

- 1973 : emprunt indexé sur l’or. 90 milliards de coûts pour 7,5 milliards levés.

- 1976 : emprunt qui a coûté 50 % de plus que le montant levé

- 1993 : emprunt qui a coûté 6 %.


La question est de savoir si dans un pays où il y a déjà 56% de dépenses publiques et 8,5 % du PIB de déficits on ne peut pas, à l’intérieur de ces enveloppes, trouver les moyens de faire de l’investissement. Par ailleurs, est-ce que l’État est légitime pour expliquer ce que sont les dépenses d’avenir ? Rien n'est moins sûr ...


L’échelle européenne est la bonne échelle pour des investissements massifs ciblés autour de la recherche et développement et des infrastructures. Pour le MoDem, l'action la plus pertinente aurait dû être un plan d'investissement conçu au niveau européen, financé par l'émission d'euro-obligations.


L’état emprunte actuellement près de 150 milliards d'euros par an sur les marchés au taux d’environ 3,5 %. Si on part sur un emprunt auprès du public de 100 milliards qui coûtera environ 6,5 %, alors 3 points de taux d’intérêts en plus sur un emprunt de 100 milliards, c’est près de 3 milliards par an qui seront dépensés par l'État en surcoût. Certes, cet argent sera versé aux Français qui auront participé au grand emprunt. Mais qui vont être ces Français ? pas les ouvriers, ni les employés, ni les personnes sans emplois, ni une grande partie de la classe moyenne ... C'est à nouveau les Français les plus privilégiés qui bénéficieront des largesses de l'État dirigé par Nicolas Sarkozy.


Le grand emprunt souhaite par Nicolas Sarkozy et soutenu par les députés UMP de Savoie est une véritable injustice sociale qui revient à financer l'action publique en empruntant de l'argent aux plus aisés au lieu de percevoir des impôts sur leurs revenus puisqu'ils bénéficient du bouclier fiscal. Et mettre ensuite à contribution tous les citoyens, y compris les plus modestes qui acquittent de la TVA et de la CSG pour rembourser aux plus riches intérêts et capital.

 

 

 

 

Par MoDem Savoie - Publié dans : Législatives 2012
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