Mardi 7 juillet 2009 2 07 /07 /2009 15:26

Jacqueline Gourault, sénatrice du Loir-et-Cher, est intervenue en séance publique, jeudi 25 juin, lors du débat sur la crise de la filière laitière au Sénat.

 

Pourquoi une telle crise en 2009 ? En fait, elle n'aurait pas été possible avant les réformes de la PAC de 2003 et de 2006. En effet, les mécanismes de régulation auraient pallié les effets conjoncturels qui l'ont déclenchée, qui sont, pour l'essentiel, les suivants : d'abord, la flambée des cours des matières premières, car les fonds spéculatifs investissent massivement dans les produits laitiers industriels et dans le blé ; ensuite, les sécheresses simultanées en Australie, en Nouvelle-Zélande, notamment ; enfin, le retournement brutal des marchés à la suite de la crise financière.

Avant ces réformes, les mécanismes de régulation auraient consisté à déclencher l'achat au prix d'intervention, à soutenir les exportations permettant les dégagements de marchés de poudre et de beurre, et enfin, à organiser le marché grâce au recours aux quotas.

Or les réformes de la PAC ont visé, sur un fondement que je n'hésiterai pas à qualifier d'idéologique, à augmenter les quotas, ce qui revient à en supprimer l'effet, augmentation dont nous croyons pouvoir penser qu'elle prélude à leur suppression, ainsi qu'à celle du prix d'intervention et des restitutions aux exportations.

Résultat : au plus fort d'une crise conjoncturelle, l'équilibre fragile de toute une filière conduit à une hécatombe économique et sociale.

 

La suppression des quotas est une impasse. Les rapports de force entre les acteurs économiques – producteurs, transformateurs, distributeurs – sont tels que, sans mesures de contingentement de la production pour équilibrer les négociations, les producteurs sont écrasés par la possibilité qu'ont les entreprises d'aval de corriger les effets du marché sur leurs propres marges. Il s'agit d'un phénomène en cascade. Les producteurs sont à la merci de tout retournement de tendance du marché.

Autrement dit, sans mécanisme de régulation du prix à l'échelle collective, nationale ou par grand bassin de collecte, il n'y a aucun espoir pour les producteurs de vivre de ce métier.

 

Le Président du Mouvement Démocrate François Bayrou a estimé, vendredi 3 juillet, que la position du ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire sur les quotas laitiers s'apparentait à "une retraite en rase campagne" trahissant les "engagements répétés" du gouvernement.

 

De nombreux assauts ont été menés contre cette politique des quotas laitiers par les pays qui voient d'un bon oeil l'industrialisation de l'agriculture et la multiplication des usines à lait. Au moins, la France avait-elle toujours défendu ce principe et a réussi à faire reculer ces orientations néfastes a encore déclaré François Bayrou.

Aujourd'hui en quelques mots tout ce travail est ruiné alors même que la parole du gouvernement était engagée auprès des agriculteurs et des éleveurs. Il y a les signes de l'abandon d'une certaine idée de la politique agricole européenne et française, a-t-il conclu.

Par MoDem Savoie - Publié dans : Europe
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