Mardi 5 mai 2009
2
05
/05
/2009
09:11
Les transferts et les extractions de détenus sont suspendues en Savoie en raison du mouvement de protestation des agents
de l'administration pénitentiaire. Protestation et non grève car les surveillants n'ont pas le droit de grève. Pour agir, ce sont les surveillants en repos qui bloquent la
prison.
En Savoie, deux sites sont concernés : le centre pénitentaire d'Aiton qui regroupe 580 détenus (dont 380 à la maison
d'arrêt pour 200 places) et la maison d'arrêt de Chambéry qui regroupe 120 détenus pour 52 places. On constate donc que la surpopulation carcérale est une réalité en Savoie comme partout en
France.
Cette surpopulation carcérale rend les conditions de détention pour les détenus et de travail pour les surveillants
insupportables. Ces derniers ne peuvent plus remplir leur mission de sécurité et de réinsertion sans recourir à un nombre important d'heures supplémentaires.
En 2007, François Bayrou avait signé, avec deux cents autres personnalités, l'appel lancé par le Nouvel Observateur
contre les "prisons de la honte". Appelant dans ce domaine à des engagements transpartisans, il avait souscrit à la démarche des Etats généraux de la condition
pénitentiaire.
Pour le Mouvement Démocrate, la loi pénitentiaire doit assurer le respect de l'état de droit dans la prison : confidentialité, rencontres régulières entre détenus et personnels
pénitentiaires, droit de vote effectif. La loi doit instaurer un organe indépendant de contrôle des prisons.
Toute personne détenue doit exercer une activité, formation ou travail. C’est ce qui se passe en Allemagne, au Danemark,
en Italie ou en Espagne. Tout travail doit donner lieu à rémunération.
Les unités de vie familiale doivent permettre un retour progressif à la vie sociale et familiale, être un atout dans la
réinsertion. Les personnes dont l’état de santé, physique et psychique, rend le maintien en détention indigne, doivent être placées dans des structures d’accueil et de soins.
Toute peine devrait être exécutée en partie en milieu fermé, en partie en milieu ouvert. Aujourd’hui, la France est le
dernier pays du Conseil de l'Europe pour le nombre de libertés conditionnelles accordées ! La détention provisoire doit être l'exception.
Pour respecter ces conditions de détention, les moyens humains et financiers doivent être à la hauteur des enjeux. Il
faut opérer une profonde réforme du système pénitentiaire français, en lui fixant des missions précises, en lui donnant les moyens de ses missions, pour qu’il soit digne d’un Etat de droit,
conforme aux normes européennes.
Par MoDem Savoie
-
Publié dans : MoDem Savoie
0
-
Partager