Au lendemain du conflit gazier entre l'Ukraine et la Russie, l'Union européenne prend conscience une nouvelle fois de sa
fragilité énergétique, pour certains Etats membres une fragilité dramatique, et de son incapacité à parler d'une seule voix. Le rapport d'analyse stratégique de la politique énergétique approuvé
par la commission parlementaire de l'Industrie et de l'Energie remet en perspective l'ensemble des défis auxquels l'Europe doit et devra faire face.
Le rapport prône notamment une révision rapide de la directive de 2004 relative à la sécurité d'approvisionnement en gaz naturel. "Le risque d'une crise majeure existe au cours de la prochaine
décennie. La solidarité européenne doit devenir une grande cause européenne dans le domaine de l'énergie : porter atteinte à l'approvisionnement en énergie dans un Etat de l'UE, c'est porter
atteinte à l'approvisionnement de l'UE toute entière", a déclaré la rapporteure Anne Laperrouze.
En adoptant son rapport, la commission parlementaire estime qu'investir dans les réseaux et les interconnections afin de
développer un réseau paneuropéen et diversifier les routes d'approvisionnement vers l'UE sont des éléments inséparables pour garantir la sécurité d'approvisionnement.
Pour Anne Laperrouze, "Le court terme : c'est de développer immédiatement, dans le cadre du plan de relance économique présenté par la Commission européenne, les énergies renouvelables et
l'efficacité énergétique, qui sont créatrices d'emploi. A moyen et long terme, pour éviter un risque majeur de pénurie à l'horizon 2030, il faut établir à l'échelle européenne la feuille de
route nécessaire à la programmation des investissements indispensables à la production et au transport d'énergie et bâtir le plan de recherche et développement pour développer les énergies
du futur : les énergies renouvelables avec un accent particulier sur le solaire, les réacteurs de quatrième génération. La R&D c'est aussi les réseaux intelligents et le stockage de
l'énergie."
La pénurie annoncée de carburants fossiles conjointement avec une demande mondiale croissante, la lutte contre le changement climatique, la dépendance de l'UE sont autant de motifs qui rendent
plus criants la nécessité pour l'UE de développer une politique européenne de l'énergie basée sur une vision claire des besoins et des capacités pour les décennies à venir, une politique
extérieure cohérente et du volontarisme pour développer de nouveaux modes de consommation et surtout de nouvelles sources d'énergie. "Pour l'instant, l'UE réagit aux crises énergétiques, il est
de temps de lui donner les moyens pour qu'elle les anticipe et en pare les conséquences" a conclu Anne Laperrouze.
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