> L'environnement paraît maintenant décidément installé au premier plan du débat politique
français...
Enfin, les hommes et femmes politiques français se sont mis à la hauteur de leurs concitoyens qui avaient déjà, depuis au moins une dizaine d'années, largement appréhendé toutes les questions environnementales : modes de déplacement, énergie, gestion des déchets...
Mais les politiques, qui n'ont pas la même vie quotidienne que leurs concitoyens, exagéraient les contraintes liées à l'environnement, et freinaient les évolutions.
> A quel moment se sont-ils convertis ?
Avec le Pacte écologique de Nicolas Hulot (lancé en novembre 2006). Il n'est que la suite logique des politiques environnementales, écolo ou vertes, mais il prend une amplitude médiatique parce qu'il est porté par Nicolas Hulot et TF1, et surtout par les attentes des Français. Tous les candidats présidentiels se disent alors : OK, on est obligé de signer le Pacte.
> C'est donc moins une conversion de conviction que de nécessité...
Je le crains... Le contrat de confiance vient d'être rompu deux fois de suite par Nicolas Sarkozy.
Au Salon de l'Agriculture, quand il dit que « l'environnement, ça commence à bien faire , prenant la défense des industriels de l'agriculture, des céréaliers de la Beauce. Ensuite sur la taxe carbone, où il prend une fois de plus le prétexte de l'Europe, qui a bon dos.
> Et à gauche ?
Il existe une compréhension plus large, mais la conversion n'est pas vraiment aboutie. Il y a toujours ce réflexe intemporel : l'emploi d'abord. Il faut que la croissance revienne, on verra après si elle est durable ou pas. Ceci dit, Chantal Jouanno (secrétaire d'Etat à l'Ecologie), Nathalie Kosciusko-Morizet ou Serge Lepeltier (anciens ministres de l'Environnement), sont de vrais écolos convaincus. C'était la nouveauté : la droite se mettait aussi à l'écologie, et c'est normal, car je ne cesse de dire que la gestion des déchets dépasse les questions droite-gauche. Mais je m'attends au pire à l'Assemblée nationale sur le Grenelle : Sarko a ouvert la boîte de Pandore, la grande partie des députés UMP va se déchaîner, et il n'y aura que trois députés Verts pour s'opposer, avec quelques éléments de droite et de gauche.
> Toutes ces évolutions condamnent-elles l'existence d'un parti écolo autonome ?
Non, mais d'autres formations défendront l'écologie, leur enlevant une partie de leur originalité. Mais j'ai toujours pensé que les écolos n'étaient pas les seuls à détenir la vérité sur terre.
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Elément central du pacte écologique de Nicolas Hulot et du Grenelle de l'Environnement la taxe Carbonne était présentée comme une
mesure phare par le le gouvernement et Nicolas Sarkozy.