Daniel Cohn-Bendit (Europe-Ecologie) et François Bayrou (MoDem) ont scellé leurs retrouvailles samedi lors d'une réunion
transpartisane sur le sommet de Copenhague, aux côtés de Michel Rocard, mais sans le PS.
Les deux hommes se sont retrouvés au "Forum Copenhague", organisé à l'Assemblée nationale à l'initiative
d'Europe-Ecologie, à l'approche du sommet sur le climat de l'ONU (7-18 décembre).
"Pour faire quelque chose de sérieux sur ce sujet, il faut se rassembler. Pour faire quelque chose de sérieux pour la
France, il faudra aussi se rassembler", a expliqué François Bayrou, anticipant sur les échéances électorales de 2012.
Pour le député des Pyrénées-Atlantiques, "l'idée qu'on pourrait rester chacun chez soi et chacun pour soi en pensant
qu'on peut prendre le pas et la domination sur les autres est une idée stupide".
Minimisant la portée de ces retrouvailles après leur algarade en juin - "ce n'est pas une révolution" -, François Bayrou
qui a serré chaleureusement la main à "Dany" devant une nuée de caméras, a assuré que l'incident des européennes était "sans aucun doute" oublié.
Daniel Cohn-Bendit a jugé "ridicule" la position du PS qui "dit +on ne discute pas avec la droite+" et s'est amusé d'une
hypothétique venue de Ségolène Royal à ce forum après son intervention à Dijon samedi dernier aux rencontres organisées par Vincent Peillon.
"Si pour que Copenhague réussisse, il faut attendre que la gauche revienne au pouvoir en France, on est mal barré",
a-t-il encore persiflé en soirée sur France 2.
Jugeant le PS "malade", Michel Rocard a estimé que "le ballet de qui vient, qui ne vient pas" est "bien
secondaire".
"Nous n'aurons qu'un mauvais accord" à Copenhague, mais il faudra "trouver un compromis", a dit l'ex-Premier ministre
socialiste qui a par moment monopolisé la parole lors d'un débat parfois loin des enjeux de Copenhague.
"Pour un compromis le moins mauvais possible, il faut qu'on ait des ambitions", lui a rétorqué M. Cohn-Bendit. "Notre
boulot est de mettre la pression sur les gouvernants", a conclu François Bayrou.
François Bayrou, Président du Mouvement Démocrate, était l'invité de l'émission "Face à nous" animée par Michel
Grossiord sur Public Sénat, mercredi 18 novembre ; elle avait lieu au Congrès de l'Association des Maires de France à Paris.
François Bayrou est intervenu sur de nombreux sujets : le projet de suppression de la taxe professionnelle, le grand emprunt national, la gouvernance du pays, le rassemblement pour l'alternance
en 2012, l'affaire des sondages payés par l'Elysée, et l'homoparentalité.
Dans le cadre des Semaines sociales qui s'ouvriront le 20 novembre à Villepinte (93), Robert Rochefort, député européen du
Mouvement Démocrate, a accordé un entretien à "Familles chrétiennes".
Familles chrétiennes : Vous préconisez la création d'un « ministère des générations à venir ». Pourquoi ?
Robert Rochefort : Beaucoup de questions convergent aujourd'hui vers les générations futures. La dette publique, par exemple, pour laquelle ma formation politique tire la sonnette d'alarme. Elle
est un fardeau transmis aux générations à venir. Léguer une dette à une population qui croît, passe encore, mais à une population qui décroît ! Même raisonnement pour le financement des
retraites. L'intérêt d'un « ministère des générations à venir », c'est de visualiser les défis sur le long terme, ce qui s'avère indispensable pour la classe politique et pour les
citoyens.
Quel est l’impact du divorce sur les liens intergénérationnels ?
Aujourd’hui, paradoxalement, la famille demeure la cellule de base de la société. Quand la « famille nucléaire » (un
papa, une maman et deux enfants) est apparue au début des années soixante, on a voulu tirer un trait sur la famille dite « verticale » qui incluait les grands-parents restés à la campagne.
Quarante ans plus tard, la famille nucléaire souffre de plus en plus des ruptures conjugales. Cela a redynamisé les liens – affectifs mais aussi matériels – avec la famille verticale, comprenant
aussi les fratries et les cousins. On voit les enfants reprendre les petites entreprises de leur père, des frères qui s’associent pour monter la leur. Dans le même temps, des « mamies »
s’occupent des enfants en difficulté : dans les barres HLM, elles proposent leur aide pour les devoirs.
Cela n’empêche pas la population européenne de vieillir à grande vitesse ?
Il y a une corrélation entre longévité et natalité. Selon une étude récente, plus les grands-parents ont de
petits-enfants, plus ils sont heureux ! Nous savons que le fait d’être heureux favorise la longévité. Au Parlement européen, il existe des « intergroupes », des groupes de travail réunissant des
députés de tous bords, sur des sujets précis tels que le vieillissement, la famille, ou autres. Je souhaite en créer un nouveau sur la démographie. Pourquoi ? À en croire les chiffres de l’ONU,
d’ici à 2050, l’Europe sera le seul continent à perdre de la population. Et pas qu’un peu : de 50 à 100 millions d’habitants !
Dans notre société, les générations cohabitent plus qu’auparavant. Je m’explique : une petite fille qui naît aujourd’hui connaîtra sept générations (arrière grands-parents, grands-parents,
parents, enfants, petits-enfants, arrière petits-enfants) alors qu’en 1850 elle n’aurait connu que ses grands parents (brièvement), ses parents et ses enfants. Il faut donc apprendre à vivre dans
une société intergénérationnelle.
Jadis, les grands-parents de soixante-cinq ans confiaient les clés de la société et de l’avenir à leurs petits-enfants. Aujourd’hui, avec l’augmentation de l’espérance de vie, ils sont encore
profondément ancrés dans la vie active de la société et, par conséquent, les jeunes ont du mal à trouver leur place.
La doctrine sociale de l’Église peut-elle être une boîte à idées pour la société ?
Oui, bien sûr ! La dernière encyclique de Benoît XVI tombe à pic en ces temps de crise. Les gens en ont assez de
l’hyperconsommation et d’une société qui a perdu toute logique de gratuité.
Quel rôle l’Église peut-elle jouer dans la transmission des valeurs ?
Il semble que les jeunes générations rejettent tout ce qu’elles ont reçu. En fait, elles les retrouvent lorsqu’elles
arrivent à la trentaine et qu’elles doivent transmettre à leur tour. Le constat est différent en ce qui concerne la foi. Car la foi s’expérimente, c’est d’abord une rencontre. Le jeune adulte
peut retrouver le parfum de la religion de son enfance, cela ne suffit pas pour avoir la foi. Beaucoup rejettent les institutions, leur reprochant de ne pas vivre ce qu’elles professent. Le
christianisme affirme justement qu’il est dans la nature de l’homme d’être appelé à des choses qui le dépassent, même si elles paraissent trop ambitieuses.
Intervenant dans le cadre de l'audition publique "défi pour les échanges dans le contexte du processus de
Copenhague" organisée par la commission Commerce International du Parlement européen mardi 10 novembre, Marielle de Sarnez a réitéré son souhait que Copenhague soit un succès.
Elle a rappelé qu'avec ou sans le traité de Copenhague sur le climat, la politique commerciale devait évoluer et devenir un véritable instrument permettant d'agir pour faire face aux défis
climatiques et qu'"il est temps de faire évoluer le mandat de l'OMC et que la politique commerciale prenne en compte la durabilité, l'emprunte carbone..."
La Fédération des Élus Démocrates est présidée au niveau national par la sénatrice Jacqueline Gourault, proche
collaboratrice de François Bayrou et Vice-présidente de l’Association des Maires de France, et rassemble des élus membres ou proches du MoDem. Son représentant en Savoie, Michel Haudry,
adjoint au Maire de Chambéry, a réuni pour un dîner-débat sur la réforme des collectivités territoriales les principaux élus MoDem savoyards, parmi lesquels Marina Ferrari, adjointe
au Maire d’Aix-les-Bains et Présidente du MoDem en Savoie, le conseiller général et Maire de Vimines, Lionel Mithieux, Annick Cressens, Maire d’Arèches-Beaufort, Alain Marçais, adjoint au Maire
d’Albertville, Jean-Jacques Mollie, conseiller municipal délégué d'Aix les Bains, Michel Gachet, conseiller municipal de Cognin et Raynald Vial, délégué départemental du MoDem
Savoie.
Unanimes à souhaiter la clarification des dispositifs territoriaux, et la simplification du « mille-feuille
administratif français », les élus démocrates ont dénoncé la méthode et les orientations du projet proposé par le Gouvernement.
L’enjeu de cette réforme a été souligné en insistant sur deux défis majeurs pour les Démocrates. Le premier est de
rapprocher l’action politique des citoyens. Il suppose une clarification des dispositifs qui doit permettre de mieux comprendre les attentes des acteurs et de soutenir leurs projets. La
complexité, les fréquents changements de ces dispositifs, sont vécus comme des obstacles aux initiatives, plutôt que comme des aides. Le second défi est de permettre aux territoires d’évoluer
harmonieusement dans un monde qui change de dimensions, d’urgences, de modes de vie. Il doit conduire par exemple à repenser les relations entre la ville et la ruralité, ou entre le local et
le mondial.
Ces enjeux appelaient une autre méthode, estiment les élus démocrates, qui considèrent que l’on ne peut prétendre
apporter de la clarté à l’organisation territoriale, en procédant dans l‘opacité. Il aurait fallu une réflexion de fond, associant les citoyens et les collectivités territoriales. Au lieu de quoi
les ressources, c’est-à-dire aussi les projets de ces collectivités sont rendus incertains par la réforme de la fiscalité locale. L’élection à un seul tour des nouveaux conseillers
territoriaux, représentant à la fois le Département et la Région, imposera le bipartisme, la politisation de ce scrutin, et un recul de la représentation des femmes dans les assemblées. Ces
deux évolutions importantes, la fiscalité des collectivités locales et les modalités de l’élection de leurs représentants, ne sont pas discutées dans le texte de la réforme de ces collectivités,
loin d’associer les territoires à la réflexion, on fait planer des menaces sur leur avenir.
Sur le fond, les élus démocrates sont favorables au rapprochement entre les Départements et les Régions, et à la
reconnaissance de la dimension politique des communautés de communes. Mais cela doit se faire sans vider de leurs compétences ni les Départements ni les Communes qui sont des espaces de
proximité pour les territoires et pour les citoyens, on peut articuler les compétences sans les opposer.
Ils plaident aussi en faveur d’une organisation moins rigide, qui facilite les expérimentations, et qui permette de
moduler les frontières territoriales. C’est bien sûr un enjeu pour la Savoie. Les positions sont diversifiées à l’intérieur du MoDem sur la question du statut à concevoir pour les deux
départements savoyards, mais les élus s’accordent pour défendre le principe d’une compétence des Pays de Savoie en matière de patrimoine et de tourisme, parce qu’il en va de notre cadre de
vie immédiat. Cependant un rapprochement des Pays de Savoie avec l’Isère peut aussi sembler opportun dans le domaine universitaire, pour que l’espace territorial de notre
université affirme sa spécificité et ses performances.
En conclusion les élus Démocrates de Savoie appellent à ne pas manquer par un excès de centralisme et de rigidité, la
nécessaire amélioration de l’organisation de nos territoires. Et ils regrettent que là où il faudrait un débat clair, ouvert, et portant sur l’ensemble des questions, le Gouvernement veuille
imposer un projet incomplet, incertain, et mal partagé.